Conférence

1) Représentations

Comment on se représente Alzheimer, quelles images cela suscitent en nous, quels termes nous viennent à l’esprit:

- maladie
- démence
- folie
- inconscience
- mort
- déchéance
- comportement

Toujours des idées négatives, véhiculées par les Médias ou autres idem pour unité Alzheimer.

- blouses blanches
- ghetto
- mouroir…

Et si on changeait de vision, à priori
(ex du monstre du Loch Ness et le film la belle est la bête)


- On élimine toutes ces idées et on ne retient que la notion d’identité (je), de handicap, moins dure à supporter que maladie ou démence car on peut pallier à un handicap, la maladie reste incertaine, la démence renvoie à la folie. Si on retient la notion d’handicap, on parlera d’handicap cognitif, handicap de la mémoire survenant avec la vieillesse comme le handicap moteur ou auditif. Le handicap renvoie à l’incapacité.
L’environnement, la prise en charge doit alors s’adapter au handicap comme on le ferait pour une personne en fauteuil roulant.

Mais comment ?

- En utilisant les capacités restantes, cognitives.
- L’Alzheimer n’a plus ou pas la capacité de se projeter dans l’avenir, demain n’a pas beaucoup de sens, le présent est lui, vécu sur l’instant et il ne vient pas souvent se rattacher au passé et au futur, il est vécu comme une réalité instantanée.

L’Alzheimer perd « la » mémoire mais pas toute sa mémoire, la mémoire de travail est très amoindrie, la mémoire sémantique peut persister mais elle est altérée. La mémoire épisodique événementielle reste marquée, chargée d’émotions, de sentiments, de sens. Le « soi intime » est toujours présent et il devient le « socle » de la personne, sa « permanence » qui le relie à son histoire intime, il est fait de souvenirs, de situations vécues, de sensations, odeurs, formes.

Le handicap cognitif s’accompagne de difficultés dans la communication verbale du fait de la modification de l’idéation du mot.

L’environnement et la prise en charge doivent donc s’appuyer sur ce « socle » fondamental de la mémoire. Par la réminiscence, cette faculté de la conscience à faire lien avec le passé, faire sortir de l’inconscience et de la conscience des évènements, des situations, des sensations. Faire le lien avec le passé pour mieux vivre le présent fuyant et l’avenir incertain.
Le passé c’est d’abord un lieu: la maison, cet « album photo » en trois dimensions, lieu de beaucoup d’évènements, un espace clos bien délimité, riche en émotions et sensations.
Le passé c’est des activités au sein de cette maison: faire à manger, faire la sieste, le ménage, le repassage, la vaisselle, le linge, regarder la télévision, se prélasser dans un fauteuil…
La passé c’est la famille, sous forme de réunions de familles ponctuelles, de fêtes, ou de présence pour déjeuner, jouer aux cartes…
Pour la prise en charge il faut retrouver ces « trois espaces » de vie ancienne:
la maison, les activités domestiques, la famille.
Déficit cognitif c’est aussi handicap de communication

Trouver le bon moyen de communiquer pour ? faire passer des informations

- améliorer les comportements
- diminuer l’angoisse
? utiliser l’empathie sans tomber dans le piège de l’empathie
Empathie: « faculté de d’identifier à quelqu’un, de ressentir ce qu’il ressent ».
Comprendre les émotions de l’autre au point de les ressentir.
MAIS : sans trop s’impliquer, en gardant de la distance, se mettre à la place de l’autre ne permet pas forcément de le comprendre. DONC il faut plutôt s’ouvrir à l’autre et essayer d’écouter, d’entendre et d’aider à exprimer ce qu’il ressent, activement, par exemple par des jeux de postures, des gestes, le toucher, des questions pertinentes.

Il faut le reconnaître comme un individu qui s’exprime et pour lui ce qu’il dit à un sens, donc le considérer comme conscient de son identité de communication.

Être distinct sans être distant, ni trop proche, ni trop loin.

Pour voir l’autre, ce qui est important c’est de s’individualiser, être pleinement soi face à quelqu’un à qui on accorde d’être pleinement lui.

Chaleur humaine sans affectivité

La chaleur humaine c’est quand on est ouvert aux autres sans avoir besoin de lui,
L’affectivité c’est quand on a besoin de l’autre.
L’empathie idéale se caractérise par les points suivants :

- Imaginons que notre interlocuteur nous adresse une information verbale et non verbale
? Nous lui adressons un « accusé réception » ex : je répète les phrases
? Nous lui adressons un message d’accueil,
? Nous lui accordons qu’il a raison,
? Le remercier (en lui posant une question),
? Valider, surtout par le non verbal,

Le contenu n’a aucune importance.

- Utiliser le plongeon rétrograde, faire diversion lors de problèmes particuliers, donner l’attention vers le passé, jamais l’avenir.