Principes d'interventions

Toutes interventions auprès de personnes atteintes de déficit cognitif doit respecter les principes suivants.

1) Le principe de permanence

On ne nait pas « vieux » ni Alzheimer on le devient avec le temps, c’est un long parcours ou processus.

On ne perd pas ce que l’on a été un jour avant d’être vieux. Affirmer la permanence du sujet c’est prendre en compte les éléments de son histoire de vie. L’histoire est constituée de tous les éléments qui ont constitués la vie de la personne, les lieux, les personnes, les évènements, les sensations..

L’histoire est bien souvent rattachée à un lieu de vie, bien souvent le dernier domicile à une importance capitale. Respecter le sujet c’est considérer l’ensemble de ces éléments constitutifs de sa personnalité tels qu’ils ont été, tels qu’ils sont encore maintenant présents, parfois difficile à entrevoir.

Le sujet est en permanence avec ses contemporains dans son histoire qui continue, la personne vit dans notre monde, pas dans un autre.

2) Le principe de solidarité

Les personnes appartenant à la même communauté humaine sont liées par une responsabilité collective d’aide et de solidarité.

D’abord la solidarité familiale quoi doit s’exercer autant que possible. Puis la solidarité institutionnelle. La société doit pouvoir prendre en charge tout type de handicap quand il n’y a pas de solidarité familiale ou quand elle est défaillante.

Dans notre société libérale, la productivité est primordiale. Le « vieux » ne produit plus rien et ne correspond plus au culte de la performance, il n’intéresse pas.

De même d’un point de vue médical, le « malade » d’Alzheimer, intéresse peu la communauté médicale et encore moins l’hôpital. Qualifié de « dément » le patient est bien souvent neuroleptisé ou attaché quand un passage en service de médecine ou chirurgie est nécessaire. Paradoxalement le corps médical considère le handicap cognitif comme une maladie mais l’hôpital le renvoie hors de ses murs ou en psychiatrie.
Le patient ne peut pas toujours avoir accès aux mêmes soins du fait de leur handicap.

3) Le principe d’autonomie et de liberté

Chaque personne est en droit de vivre sa vie librement, sa vie de personne âgées et sa vie d’handicapé cognitif.

Le principe d’autonomie exige que chaque individu puisse gouverner sa vie librement, prendre lui-même les décisions qui concernent aussi bien les grandes orientations de son existence que les actions quotidiennes.

La perte de la mémoire n’implique pas la perte de liberté de choix, les négociations sont toujours possibles quand la capacité de choix devient difficile du fait du handicap, l’avis des familles doit être sollicité.
Dans tous les cas, les contraintes aux déplacements (unité fermée, contention) doivent être analysées et décidées en équipe et réalisées en dernier recours.

L’annonce de diagnostic au stade précoce est importante pour que la personne puisse exprimer son avis. Le sujet est souvent capable d’exprimer son avis tardivement. Le considérer comme malade et dément disqualifie sa parole et la rend caduque.
Même au stade avancé, il persiste toujours une vie psychique, celle-ci s’exprime plus de manière rationnelle et les expressions pertinentes deviennent plus rares.
Par contre, les sentiments et les émotions sont toujours présents.

4) Le principe d’humanité et de dignité

Chaque personne nait humain, le reste et meurt humain.
Le caractère d’humain donne à cette personne des droits et des devoirs. La vieillesse ou le handicap ne détruit pas ces droits et ces devoirs.
Comme nous sommes humains nous sommes tous susceptibles d’être un jour ou l’autre Alzheimer ou en perte cognitive, en tout cas nous serons tous vieux, ne serait ce que pour ça il est important de respecter le caractère humain de ces personnes.
La dignité élève l’homme au dessus de l’animal. L’animal n’a pas de pudeur, attacher une personne et entraver sa liberté c’est le considérer au même plan que l’animal. Le priver de nourriture aussi.
La dignité c’est considérer que la personne a le droit à la vie sociale, à la relation.
La dignité c’est le « droit au choix », le droit de choisir son mode de vie ou sa mort.

5) Le principe de relation

Tout effort, tout travail faisant rejoindre le malade dans notre monde, être à son écoute tenter de communiquer, de comprendre ce qu’il ressent et ce qu’il veut, sont des attitudes qui vont dans le sens du respect de la personne.

La personne reste en permanence en relation avec son entourage et son environnement, si ceux-ci sont néfastes elle cherche à le combattre et à fuir par la fugue, la violence, les cris, la déambulation…
Plus l’environnement sera riche en « affect  » et plus le sujet sera en bien être. L’environnement fait appel dans ce cas aux émotions positives, celles qui la relient à son histoire.